16.11.2007
INFERNO
Comment peux-tu être aussi odieux ? T’as été d’un odieux. T’as parlé de son cul à une fille inconnue qui est partie en pleurant, c’est là que t’as réalisé que t’étais passé de l’autre côté, vraiment tout au bout de l’ivresse, et que tu tenais ce rythme depuis une soixantaine d’heures, tu ne te rappelles pas avoir dormi, il te manque quelques heures, ça devait être ça… Elle est partie, la troupe t’a regardé sans comprendre, un peu choquée, et puis le cortège a repris sa danse, indifférent. Champagne ! Peut-être que la fille a surréagi, tu te souviens que l’intention n’était pas si cruelle, mais les mots sont sortis assemblés d’une manière si tranchante que ta propre tête est tombée aussi et tu n’as pas daigné la ramasser, t'as même shooté dedans, histoire d’abîmer encore un peu, si c'était possible. J’aime beaucoup quand tu es lancé dans ton numéro noir-enfer du je me fais haïr pour de mauvaises raisons, regarde-moi tous ces connards comme ils haïssent facilement. Tout le monde est tellement super cool, tellement super mort. Je trouve qu’il y a une indéniable beauté dans les écarlates d’écorché vif que tu donnes à voir à ceux dont la peur de tout est si grande qu’ils ont fini tout entier dans leur masque blasé-super cool, à ceux que tu ne peux pas considérer comme des amis, même s’ils en ont l’attribut patient. Magnifique ton endurance ! Incroyable, effrayante, sublime ! Comment fais-tu ? Dans quel obscur yoga réside ton secret ?
Donner à voir un homme en pleine destruction, en plein avilissement, pourquoi ? Et surtout à qui ? Je sais mieux que toi le vrai pourquoi de ta cabotinerie d’ivrogne total, à moi tu ne peux mentir, et je te le demande : apaise-toi, il y a des gens qui ne peuvent plus rien apprendre, ou au mieux à qui tu ne peux plus rien apprendre, surtout de cette manière, ça revient à se taper la tête contre les murs, ça ne suscite que la peur et l’incompréhension, abandonne cette hystérie avant qu’elle ne te tue. Tu ne l’as pas sentie, mais moi j’ai vu son couperet te passer à ça, en plein cortège, tout en haut. Je ne voudrais pas te perdre, j’ai deux trois choses à te faire faire, je crois que t’es au courant.
03:50 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille, amour, littérature, enfer


