28.08.2010
MARIAGE MYSTIQUE
Vous me direz pas très misogyne tes notes, ces derniers-temps. Je comprends. Moi marié, c'est comme Hitler avec des nichons, donnant la têtée à des jumelles juives.
Eh pourtant.
J'ai fait vous savez par amour une chose inouïe : je me suis inscrit dans le temps. Il n'y a rien de plus cauchemardesque pour un musicien dans mon genre que de s'inscrire dans le temps, pas celui qui groove, mais bien celui qui saigne et qui lune.
Votre femme s'inscrit dans le temps. Votre femme vous lit des programmes, au petit déjeuner, alors que vous voudriez l'absraction du silence, la simplicité du présent. Vous voudriez que les emmerdements vous arrivent dessus d'abord, pour ensuite trouver une solution, et donc vous en sortir avec un maximum de sérénité. Le plaisir fou de l'improvisation.
Tsst tsst.
Les emmerdements vous arriveront dessus, vous le savez, et ça vous fait rire car ils ne sont rien pour vous, puisqu'après tout nous allons tous crever sans le moindre pouvoir de décision là-dessus, mais on vous en parle des mois à l'avance, au petit déjeuner, et ça ne change rien, oui pas forcément par le tramway, mais c'est par le courrier que la vie vous arrive, le matin.
Il n'y a pas à lutter. L'indifférence mâle est la meilleure solution. Or c'est l'acharnement femelle qui tisse les choses.
Très bien.
Une chose simple à vivre :
Vivez à la mâle.
Vivez à la femelle.
Comparez le taux d'angoisse/le taux d'efficacité.
Vous arriverez comme moi à la conclusion que hmm je t'aime.
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GOOGLE ET LA LITTERATURE
Il est atrocement facile d'entre guillemets faire des phrases que Google ne trouvera pas. Je ne parle pas de phrases absurdes ou de goihogoihgoziejfr. Des phrases toutes simples comme "Où ai-je foutu ma vitalité ?" Ou "Les chats sont narquois." Il semblerait que des tas de gens perdent leur clé et demandent à Heil G. de les retrouver, et que des tas de chats soient énigmatiques. La vitalité ne se rangeant pas, on pourrait dire que "Où est-je foutu ma vitalité ?" est de la pure poésie.
Ou pas.
Elle se perd bien parfois, tout de même !
Peut-être que Heil G. endort les idiosyncrasies de langage. Je ne cherche pas à perdre mon monde avec des mots savants. Concernant "idiosyncrasie", il y a trois catégories de gens, ceux qui en connaissent le sens, peu importe comment -et parmi eux, 99 % ne le doivent qu'à la loterie de l'éducation-, ceux qui ne l'ont pas encore rencontré, et ceux qui l'ayant rencontré n'avaient ni le temps ni la curiosité ni l'audace d'en chercher le sens. Dans cette dernière, il y a ceux à qui on a tellement répété qu'ils étaient trop stupides pour être concernés par un tel mot qu'ils abandonnent illico, ceux qui se réjouissent d'en savoir peu, et ceux qui sont tout simplement répugnés ou trop humbles pour ne pas entendre pareil mot sans grimacer de dégoût, se disant que ça ne construit ni maison ni fortune, que les affaires humaines sont déjà tellement compliquées qu'un langage ultra-précis pour y voir plus clair est parfaitement vain.
Je pourrais bien-sûr vous dire ce que signifie "idiosyncrasie", mais vous l'oublieriez aussitôt. Il faudra aller chercher vous-même. La recherche est toujours voluptueuse et je ne voudrais vous priver d'aucun plaisir.
Peut-être pas.
Est-ce à dire que les phrases entre guillemets que ne trouvent pas Heil G. sont déjà de la littérature ? Ou bien ces phrases sont-elles simplement comme une empreinte digitale, et au-delà de trois mots, Heil G. bel et bien dominé par l'infini ?
Ne vous méprenez pas. It's not so easy to be unique.
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19.02.2010
OUT OF NOWHERE
Aujourd'hui j'ai vu sur un banc une femme qui consolait son enfant. Il pleurait et elle le berçait en faisant des hushhhhh, avec cet air ailleurs qu'ont les chattes quand elles se laissent têter sans rien dire par leurs aveugles chiards affamés qui se chamaillent en lui blessant les têtons. Il y a vous savez, dans cet air extra-terrestre, la secrète lutte entre amour et haine. Si absolue que le corps qui en est la proie ne vous apparait plus que comme un sac vide, tout amour qu'il soit. En passant... Body snatchers. On retrouve cet air chez les yeux opiacés, chez les oscillants, religieux ou non, chez tous les désespérés, toutes les chattes avant qu'elles ne dévorent leur progéniture, toutes les mères qui ne peuvent plus voir leur enfant que comme une épine dans le pied. Cette lutte est si intense qu'elle ne vous laisse pas même la petite énergie qui se préoccupe de vous donner l'air humain. Il y a quelque chose d'alien dans cette abnégation mammifère. Alors que c'est l'Amour ou la Nature qui dope la patience et prend les commandes et arbitre les petites gesticulations amour haine.
J'avais cet air hier soir. Ma femme revenait d'une de ces journées. J'ai eu cet air dès qu'il a fallu lui faire l'amour longtemps et brutalement. Je l'aime, elle est parfaitement bandante mais j'avais envie de baiser doucement. Je vieillis, je ne fume plus, je ne bois plus, je fais du sport, son appétit est gargantuesque. Je l'ai violée jusqu'à ce que son "viens" me libère. J'ai cru qu'il n'arriverait jamais, j'avais envie de lui faire plaisir, mais j'avais mal aux abdominaux et à la queue. J'ai eu cet air quand elle s'est endormie dans mes bras, la tête sur mon épaule, ensemble parfaitement encastrés par l'hiver. Je n'avais pas sommeil. Sa tête s'est mise à martyriser mon épaule. Je caressai ses cheveux. Elle couina et vint m'agripper la queue. L'ankylôse me fit venir des envies de mise au point, de fumer. La douleur me donna envie de la quitter, puis de la tuer. J'attendis, en pensant à d'autres femmes, qu'elle se retourne, rêver dans son coin, réchauffée. J'ai eu cet air, toute la nuit, veillant à ce qu'elle n'ait pas froid.
23:07 | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : amour, haine, sexe, littérature, femme, homme, blabla de fille
26.11.2009
NEGLIGENCE
Vous avez tous entendu ça : qu'est-ce qu'un ami ? quelqu'un dont vous connaissez les défauts mais que vous aimez quand même.
Ce qui est aussi beau qu'injuste c'est que parmi vos amis, il y en a qui ne le sont qu'à cause de la durée. Vous êtes l'ennemi du mensonge et vous êtes solitaire : vous avez mais oui ce genre d'amis. Des gens qui vous collent aux basques depuis toujours et que par faiblesse ou par curiosité ou les deux, vous n'avez pas envoyés au diable. Et le temps vous scelle tout ça et ils font partie de votre vie. Quelque part, vous les haïssez comme eux vous haïssent. Ils vous haïssent parce que vous n'avez pas besoin d'eux, parce qu'ils savent que vous considérez comme de la mollesse d'âme leur conformité. Vous les haïssez parce qu'ils exploitent, pour vous garder, la culpabilité que mystérieusement vous éprouvez après avoir manqué volontairement ou non certains appels stratégiques, certains rendez-vous. Et ils vous aiment parce que vous êtes libre, et vous les aimez parce qu'ils sont prisonniers. Ils vous respectent parce que vous êtes un putain d'artiste, vous les respectez parce qu'ils sont dans la vraie vie. Et quand vous les rencontrez, ils veulent vous montrer qu'ils sont libres eux aussi et se comportent comme les pires des prisonniers. Du moins c'est ce que vous espérez. Vous espérez que c'est à cause de vous.
Un soir, vous buvez seul tout ce que vous avez, en commençant par le plus fort, et vous finissez vers 7 heures du matin en oscillant comme un fanatique, à genoux les yeux plein de larmes, épouvanté fasciné par le monde et les grandes questions. Vos amis en question vous appellent plusieurs fois dans la matinée, vous dormez un peu, ils veulent vous voir, déjeûner avec vous. Vous mettez des lunettes de soleil. Vous êtes fauché, un repas ne vous fera pas de mal. Vous êtes encore tellement saoûl que vous êtes parfaitement sobre. Vous mangez, vos amis boivent beaucoup, vous buvez beaucoup. Après la nuit que vous avez passée, l'alcool ne peut plus vous atteindre. Vos amis boivent laidement, sans alimenter le moindre feu verbal, et fument jusqu'à perdre conscience. Vous vous occupez du bébé qui pleure et puis elle se réveille et vomit sur le bébé et lui il émerge un peu et ça le fait rire comme quelqu'un qui s'en fouterait de sa vie, de sa main en sang parce qu'on vient de lui tirer dessus.
Vous, vous pleurerez plus tard, anéanti, hanté par cette scène, et buvant plus que vous ne l'avez jamais fait, après vous être promis plus intensément que vous ne l'aviez jamais fait, de ne plus jamais jamais.
On dirait que ces amis-là, vous ne les avez pas volés, finalement.
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30.09.2009
LE CONTRAIRE
Pas une semaine qu'elle est partie, je l'ai trompée deux fois. La première fois que je trompe vu que c'est la première fois que je me dis hey man sois fidèle. Une petite vient silencieusement, après quelque corrida lointaine, me vriller ses yeux dans les miens, l'air bravache, fishnet, poser son avant-bras gracile sur un machin en pleine recherche de sérénité, d'abandon, de sagesse, dans l'ennui, parce que c'est l'idée, l'avant-bras et l'insolence sont signe d'indifférence, plus un de vaillant, toi tu m'as l'air encore vivant, capable de bander, et moi tout sobre et tout puceau mais non mais non va de retro ma gonzesse est partie et je l'aime, mais je trouvais rien à dire, même pas la vérité, alors j'ai fait ce que je sais faire, prendre sa main en chargeant la mienne d'une savante électricité mensongère, un coup d'oeil malicieux vers les coulisses, c'est tellement nul et franc, je suis si pas nul et si pas franc, et puis j'ai enlevé son machin en jean sur ses collants, tu m'embrasserais pas, non, je suis fidèle, elle s'en foutait, une de ces petites zombies de vingt ans à qui tout semble égal, pourvu qu'on la désire puissamment, j'avais posé son cul sur la scène éteinte, de l'angélique petite salope indifférente, qui se donne à la musique du mâle abandonné, diaboliquement triste, sans d'autres choix, sa chatte bientôt sur ma langue, une chatte toute gamine qui pue le cumin spécial de sa journée, et pourquoi je fais ça, parce que je ne dois pas le faire, parce que je sais pas quoi foutre de ma peau si je ne fais pas ça, je n'ai pas l'habitude, laisse moi m'organiser, ça prend une toute autre dimension, je pense à mon amour, si loin, j'en pleure, ses mains caressant mon crâne, je me demande quelle valeur a ce genre de rituel pour elle, aucune évidemment, son bouton gonfle gonfle, je glisse un doigt là et puis là aussi, et j'y vais aussi violemment qu'elle le désire, je n'ai aucune envie de la baiser, je suis fidèle, son bassin fait des bonds, j'insiste, ça m'amuse cruellement ce qu'il y a d'intolérable dans la jouissance. Elle dégage ses sublimes seins l'oeil noir parce que ça l'insulte que je ne les têtasse pas comme un enfant chagrin, alors je m'exécute docilement et puis je la baise quand même avec l'énergie du désespoir parce qu'elle vient chercher ma queue en insistant adroitement et que je bande d'autant plus que je suis coupable.
Pire aujourd'hui. Tout me rappelle son absence. Je vais donc droit vers le piège que deux yeux m'ont tendu quelques semaines auparavant. J'ai quelque chose à te faire écouter, tu te rappelles. Une longue fille phénoménale et fragile, et pas très futée, pobrecita, et perturbée par le contraste entre sa laideur enfantine et sa bomberie actuelle. Terrible baise que celle qui ne s'adresse pas réellement à vous. Sublime malentendu. Pourquoi je fais ça pourquoi je fais ça pourquoi je fais ça pourquoi m'as tu abandonné ?
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02.05.2009
LA FLEUR DU MAL
J'ai mangé la blogueuse des blogueuses. Pouargh. Paris, Angleterre. Le genre de fille irrécupérablement moche et armée d'un narcissisme à toute épreuve, d'un narcissisme de petite fille gravement bousillée, ce que j'admire. Son univers est indéniablement d'une cruauté épouvantable, elle a fabriqué quelque chose comme un écran de déni parfait contre la réalité de sa boudinerie totale, même si paris, même si cheveux, même si fringues, même si cul minuscule de rigueur, même si même si. Etre bonnasse, archi-soumise à l'oeil mâle (femelle) pour le plaisir d'être contradictoire. Quelques femmes dans le même cas, ah ah. Proclament peut-être autre chose et encore, mais veulent être aimées pour leur physique et leur goût pathétique, et puis c'est tout. Craquant sur et haïssant ceux qui ne s'allument que pour ça et pour cause.
Mon dieu, premier contact, je savais qu'elle était moche mais ça se vérifie au premier coup d'oeil. La réalité. Ses yeux aux plafonds, sa main amusée devant sa bouche prête à dire ce qu'elle en pense : je suis totalement délabré, d'une élégance folle, d'un burlesque qui force le respect. Freaks show.
Je commande et bois le vin qu'elle paiera, je l'espère, je suis venu en stop mais elle est au courant. Sa moue hideuse à chaque fin de phrase, qui sent l'ennui ruminant et la culpabilité, croyez bien que je voudrais faire plus inattendu. Son cruel univers me semble si minuscule que sa Province me saute aux sens, le Paris d'aujourd'hui hi hi. Ca me semble si simple de conjurer sa honte et d'éponger tous ses péchés !... Pfoyah... Et puis elle voudrait bien la jouer vraiment vache et snob mais ne peut s'empêcher d'être prévenante et douce avec le serveur, et ce n'est pas par esprit de Guermantes. Et elle consacre une grande partie de son énergie à ne pas parler de son célèbre blog. Je l'écoute, je la regarde, j'ai envie de pleurer. J'ai pris l'habitude des très belles filles dégueulasses que l'on rencontre dans mon milieu. Mais elle, comme nombre de ses middle congénères laboriant paresseusement leur upper dream : vraiment aucune grâce, rien de bien dessiné, pas même une oreille sur deux, un front, un cil, ou le son de la voix, rien qu'une mollesse cynique et contrite bref, la faiblesse faite méchanceté romantique, et pire : toute tentative d'amélioration j'en suis vraiment sincèrement désolé est une terrible aggravation : la force maléfique du contraste.
Mais elle me plaît complètement parce qu'elle est une solitude en ruines qui tient encore debout, que son désastre est total et que son aveugle folie est sans bornes, et qu'une beauté phénoménale se cache dans le tas de merde qu'elle écrit. Je n'y peux rien, sa hideur ne m'empêche pas de bander. Trop d'émotion planquée dans son bla bla nul à chier, c'est unique, je l'ai longtemps cherchée. Bien ciselée, sentie depuis l'éternité, une phrase sur un milliard. La perle de nos jours morts, une vraie maladie que je ne peux décemment attraper autrement qu'en la lisant de temps en temps. Sorry, my love.
12:13 | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : amour, blog, littérature, homme, femme, beauté, laideur, paris, londres, malentendu, dîner burlesque
16.04.2009
PLEASE DON'T
Frange tailladée mongoloïde sur ongles courts vernis bleu satin sur j'ai oublié le nom de ces bottes bloargh.. mettons indiennes sur robe vert spinach en forme de loutre morte sur collants glauque et le SAC, donc. De nombreux cas. Une année.
05:22 | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : femme, mode, erreur, ténèbres
15.04.2009
LA CONSTANTE E MOBILE
Tout le monde est misogyne. Ce n'est pas une excuse. Presque un parfum. Les hommes sont misogynes, les femmes le sont bien plus, la force des choses. Dieu les souris les rats les araignées sont misogynes. Les enfants les serpents les scolopandres sont... well, peut-être plus partagés. Même ma chatte est misogyne. Et on sent je vous jure qu'elle s'adresse au genre humain. Ne se contente pas de perdre ses poils sur les plus sophistiquées des fringues : elle épaissit les traits d'une allergique, s'imprègne des odeurs les plus délicates, file un bas et finit la soirée, détestée, dans une grosse paume. N'importe laquelle mais surtout pas la femelle vôtre, aussi gracile et chamane et douce et non-violente et sage qu'elle soit, et peu importe votre responsable Vision et votre grandiose Minimum d'aptitude à vous incarner dans le Temps : Miaow-beurk. La lune aussi est misogyne, et les marées, et les utérus et les coquillages.
Je suis misogyne, mon côté christique. J'endosse la faute globale. Everybody's such a misogynist. Ton oncle d'amérique, ta mère nike, ta soeur, ton père, ton frère, tes cousins cousines mafieux ou pas, ta femme adultère, ton mari fidèle, ta femme fidèle, ton mari adultère, ton fils, ta fille, tout le monde. Toi surtout. Et les gouines et les moins gouines et les pédés et les moins pédés. Aragon est misogyne. L'avenir de l'homme est misogyne. Le désormais répandu lécheur de con de l'intelligence supérieure de la femme est misogyne. La femme est bien aussi pourrie que l'homme, de haut en bas, de bas en haut. C'est mon propos. Tout ce que le fayot veut prouver, c'est que sa sublime intelligence est dénuée d'orgueil, et qu'il sait regarder d'en bas celles qu'il se réjouit au fond de trouver encore un peu plus bas que lui. L'ordure. Le chaste client. Miaow-beurk. Tout le monde est misogyne. C'est une constante, faut croire. Une étoile dans la nuit de l'oeil vitreux du marin perdu... qui rêve de ?
06:40 | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : amour, femme, homme, littérature, misogynie, univers, ironie
08.04.2009
SOLUTION DE CONTINUITE
Jours d'alcool... Je ne suis ni cynique ni romantique ni dépressif ni border-line ni bipolaire ni même pessimiste : je suis désespéré. Un désespéré oui plein de lumière, en lutte, comme un poisson encore vivant sur la rive, l'écaille salie, le ventre au soleil bruyant et les ouïes dans la poussière mortelle. Un désespéré qui sait profondément que le désespoir est un péché fatal, une terrible erreur de calcul, et qui en attendant de trouver la solution, a l'héroïsme de ne pas faire semblant : un désespéré public imbuvable et plein de gaieté donc, un putain de poisson dans l'air.
Je suis toujours cet enfant qui est en train de comprendre qu'il va mourir et toujours cet adolescent qui se réjouit de mourir demain parce qu'écoeuré de devoir mourir un jour, comme tout le monde.
La philosophie m'exhorte à ne pas souffrir de ce que je ne puis changer. Je ne suis pas philosophe, je suis musicien. Et j'ai trouvé quelque chose comme la clé de l'amour. Le Temps est une sensation pour moi, une architecture de l'Energie, pas un concept, ni un outrage. Quand le tempo déconne, j'ai mal mes règles. Vous prenez un solo, quelques minutes et c'est fini et vous n'avez rien dit qui ne soit, au fond, parfaitement vulgaire. Une vaine ovulation de plus qui se termine dans le sang. Si j'étais maçon, le désespoir me ferait construire de drôles de maisons. Le problème serait le même. Le désespoir n'est pas ma profession. Quand j'aurai vaincu le désespoir, je serai un bon musicien et un bon maçon et le plus régénérant des poètes. Jusqu'à ce que le désespoir prenne sa revanche.
L'alcool est d'un grand réconfort en ces périodes de grave repli. Si j'avais de l'argent, j'achèterais des fringues, j'oublierais cette peau, je prendrais en traître mon vieil ennemi la haine de soi, ça me soulagerait, quelques secondes, ce qui n'est pas si mal. L'Achat contre la Mort, Welcome to our Paradise. La pudeur est une des tares magiques du désespéré. Mais pour l'instant : quelques heures de sommeil par ci par là, et un verre toujours, au réveil. Jouer avec la folie. Errer. Et surtout : personne. Ou alors une étincelle, dans le lointain, qu'on n'approche pas trop, de peur de l'éteindre. Tout ceci est un combat, pas une abdication, et vous êtes le seul qui puisse le savoir. Un combat de quelques jours, avant le regain, un combat à mort, ça va de soi, un art. Une épreuve, un risque total, une discipline, un yoga. Une soif de connaître et de vaincre les labyrinthes.
J'ai croisé hier, dans une trêve qui donne l'illusion de la sobriété, une femme sublime et talentueuse et déterminée. Elle s'appelle je veux un enfant d'ici un an. Ni plus ni moins. Je suis émerveillé par la clarté froide de ce délai annoncé et honoré amusé qu'elle m'essaie quand même un peu, sans illusion, peut-être d'ailleurs juste pour me faire chier quoiqu'un ange ne descendrait pas aussi bas. Je m'appelle va te faire enculer. Tout ce qu'elle attend d'un homme ces jours-ci, c'est qu'il prenne en considération cet impératif et qu'il se soit déjà posé les bonnes questions. Elle est si belle et solide qu'elle peut se permettre sans problème ce genre d'ultimatum. C'est d'une injustice totale : plutôt que d'avoir fait fuir tout le monde il est bien évident que dans un an elle aura son enfant, et avec un homme pas trop lamentable. Elle assume dans la plus pâle simplicité son intelligence et sa supérieure beauté.
Je crois que pour la première fois de ma vie, je veux être le père de cet enfant. Ce qui n'arrivera pas. Mais c'est un bon début, avant de devenir un très méchant fou.
02:50 | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : amour, femme, littérature, vie, mort, désespoir, enfant
06.04.2009
GUERRE ET PAIX
Elle trouve le monde décadent. Je suis d'accord. Elle ne me sucera pas. Je ne lui ai pas demandé. Elle me dit qu'elle se sent rabaissée quand elle fait ça. Je m'identifie à elle aussi magiquement qu'avec n'importe qui quoi. J'entrevois en un éclair son histoire hypothétique, j'abandonne toute tentative rhétorique, je mets ma queue dans sa petite main. Elle me branle sans amour, comme si ce machin ne méritait pas autant de précision que son bijou, comme si elle se retrouvait contrainte de caresser l'ennemi. Je devrais la foutre à la porte tout de suite. Mais elle est fraîche et sombre et elle aime embrasser et moi aussi, et ses lèvres épaisses sont musclées, et rapidement son oeil s'assombrit et il y a là soudain une sauvagerie d'un noir intense et désertique et presque rassurante tant elle est contradictoire, l'histoire humaine. J'ai peur qu'elle me blesse les lèvres, je m'éclipse pour lui bouffer la chatte, épilée, pratique mais aussi désespérant qu'une Epoque, choisissez celle qui vous chante. J'agis patiemment, le Don contre l'Egoïsme, elle prononce un drôle de je mouille à mort comme pour s'excuser de foncer la couleur de mon beau drap, j'essaie de ne pas rire et je fais taire celle qui ne veut pas jouir. J'ai droit à de vraies caresses. Ensuite je la baise brutalement, dans la flaque de l'Egoïsme contre l'Egoïsme, c'est ce qu'elle veut, et puis c'est mon devoir, la clarté du message, l'éducation morale. Son départ, moi : rien oublié ? Elle : ma virginité ? Allahou akbar.
02:18 | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : amour, femme, littérature, sexe, religion, guerre, paix
04.04.2009
MY ONLY FRIEND IS A SODA
L'horreur absolue de ma condition me terrasse de douleur. Je fume à la fenêtre et par je ne sais quel antique réflexe d'évaluation du potentiel de survie d'un congénère en difficulté je vérifie de temps en temps que la main de mon double allongé ivre-mort sur le pavé de ma ruelle caresse encore l'échine de sa chienne. Un berger allemand est là aussi qui danse vigile autour et des borborygmes du pochard je déduis que dans un ultime hoquet il cherche en fait encore à le dresser. J'évite de faire tomber ma cendre sur sa cuite définitive, j'envoie des textos pornographiques à toutes les filles de mon répertoire. La désolation la plus totale. Ce besoin d'être haï. Sans la douleur, ce serait le Néant.
On a bien joué hier. Plein de belles filles en transe. Air brûlant comme l'enfer. Beaucoup de téquila, de vodka, de rhum. Fini dingue et épuisé. Ensuite parfaitement désagréable avec une fille qui me plaît intensément. On ne devrait jamais choisir l'alcool contre les femmes. Sa copine chante, sa voix me fond dans l'oreille, elle swingue, ça faisait longtemps, un pur délice inattendu de la part d'une très délicate blonde aux yeux bleus. Mais quand elle rit son visage dessine un truc si proche de l'effroi que ça me rend immédiatement terriblement triste. Alors je bois.
23:31 | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : femme, amour, musique, hangover
09.03.2009
LES PLIS DE LA SOIF (I WANAHAHAH BE EATEN)(DE LA TRANSSUBSTANTIATION)
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21.09.2008
PURGATORIO
Alleluïa m'a licencié. Ma cuite Rhum-Champagne tu sais de la dernière de Versailles l'a effarée. Le Champagne me rend dingue. C'est ma Colombie. Et puis c'est la troisième de trop depuis qu'on est ensemble. Elle n'est pas faite pour les sauvages dans mon genre. Assurément. Un sac vide et je ne vaux pas mieux qu'elle. Je croyais l'avoir prévenue. J'ai encore une âme. Elle m'a vu loufoquement frenchkisser une innocente, même si c'était pour rire, bref. Après, elle m'a trimballé je ne sais où. Longue route. Je me suis retrouvé à la terrasse d'un café de je ne sais quelle ville. J'ai cru que c'était Marseille, mais ce n'était pas Marseille. Pourtant j'étais convaincu d'être à Marseille. Suis jamais allé à Marseille. Ou alors si. Marseille. Marseille. J'ai dragué devant elle, simplement patiemment curieuse d'entrevoir l'étendue de ma misérable dépravation, une serveuse mal réveillée, peuchère, alors qu'on prenait un p'tit déj, je voulais un cognac, et elle m'épiait et je voulais lui en donner pour son pessimisme et j'ai grogné comme le plus damné des satyres, tu vois bien cet obscur sens de l'humour qu'on a quand on boit depuis plus de très longtemps face à la Mort et qu'on se sent malheureux, absurde, perdu, erroné mais légitimé dans sa perdition par l'amour provisoire que l'on te porte.
Puis elle a conduit ma voiture -ça me bouleverse qu'elle conduise aussi bien ma voiture- et j'ai vu une montagne fabuleuse. Je lui ai dit arrête-toi. J'ai couru jusqu'en haut de la montagne, la laissant en bas, contemplée par nobody, les clés de son miroir sont dans mon insupportable poche. Elle a fini par hurler des Misogyyyyyyyne, j'ai hurlé des Alleluïaaaaaa... J'étais tout en haut. Imagine un peu l'indicible... Je suis redescendu, fou furieux, ivre-mort, gosse, caracolant hilare sur les pierres, m'agrippant in extremis aux branches, parfaitement insensible au message des épines. Je la retrouve. Je m'évanouis deux secondes, tu permets, sa beauté, le méchant effort, le cagnard. J'étais tout de même allé chercher une vérité tout là-haut, quelque chose de parfait, de méditatif, de purifiant. Evanoui, elle m'a embrassé. Je me suis relevé. Elle est vraiment belle. J'ai dit je t'aime, sincère, sachant que je ne le lui dirai jamais plus. Promesse d'ivrogne. Je suis la faiblesse incarnée. Cette gouine me donne envie de mentir. Elle a conduit, j'ai vautré ma tête dans sa jupe fleurie, elle m'a caressé les cheveux en me parlant doucement. On est rentrés chez elle. Je voulais boire encore. Elle a dit non. Elle a cru que je pourrais la frapper pour ses flacons. J'ai cru que je pourrais la frapper pour ses flacons. Rien que l'idée de la forcer à quoique ce soit m'a fait sanglotter. Je l'ai méprisée. On a dormi dans le même lit. Puis elle m'a titillé la gueule de bois. Je suis parti en claquant la porte. Elle m'a appelé. Ou je l'ai appelée. Bref, je suis revenu. On a parlé. Elle m'a sucé toutes les échardes, patiemment, argile, sourcils et oeil fous et puis ongles et pince à épiler, et tout et tout, en me faisant bien mal. J'en avais partout. Je l'avais bien mérité. On a dormi ensemble. Elle partait le lendemain pour le Japon. C'est à son retour qu'elle m'a remercié pour de bon. Alleluïa.
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18.09.2008
T'AS TOUT
Qu'est-ce que vous avez toutes à vouloir vous faire tatouer ces temps-ci ? Hm ? Je vois les ultimes réfractaires y passer... Je n'en pense rien, ça m'amuse, comme tout le reste, puisqu'on va tous crever, je vous rappelle. Un jour. Après tout, peut-être que les vers qui se régaleront de votre cadavre n'aiment pas l'encre.
Je me demande juste ce que ça signifie. Est-ce le côté chienne de la SPA ? Ce côté je veux appartenir à quelqu'un je décline mon identité ? Le côté sac à main, série limitée ? Une série limitée reste une série, baby. C'est terrible. Ce côté faut pas compter sur un homme pour avoir quelque chose dans la peau toute une vie ? I've got yoooou... Ce côté pari sur l'avenir ?
Je n'ai rien contre le tatouage. Un tribal sur la chute des reins, par exemple, ça peut divertir pendant la levrette. Je crois que je déplore le vide de ce non-rituel. Je vous assure que je voudrais y croire, y lire quelque chose. Je n'y vois qu'un achat. Tout est dans le nom. Tatoo ha ! C'est la pleine lune. Moi aussi.
10:52 | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille, femme, amour, littérature, tatouage
15.09.2008
LE PAIN QUOTIDIEN
J'ai l'impression, j'avais disparu vraiment, de ne plus croiser que des gens qui se photographient mutuellement, sans même jouir de cette chance absurde et fabuleuse qui leur est offerte de n'apparaître nulle part. Tu me diras je vis plage, je vis village médiéval, je vis coin. Mais je te signale que les gens se photographient aussi sur les aires, entre Océan et bûchers. Qu'est-ce que putain il se passe ? Hm ?
J'ai croisé de vieux gens d'un certain âge, sur un sentier, je les ai écoutés discrètement, sachant qu'ils profiteroleraient de l'oreille pure d'un vieillard parfait dans mon genre, sans âge, et l'un d'eux raconta son effroyable aventure. Les femmes se rapprochèrent de lui, excitées par la nouveauté et par ce couperet qui ne frappe jamais vraiment assez à fond, assez longtemps, assez pour de bon, mais bon, voilà, un coup de vent, un brin de chemin qui s'affaisse, le vieux gens d'un certain âge a bien cru qu'il y passerait et les vieilles gens d'un certain âge, qu'elles jouiraient enfin d'une mort annoncée...
Franchement, ce n'est pas assez sécurisé.
Il y a une fabuleuse incroyablerie dans l'absolue douilletterie de nos jours. Que l'on ne cherche plus Rembrandt. Il réfléchit à la pureté d'un comfort sécurisant.
Je hais l'hiver parce que c'est la saison du comfort !
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